ACRE, ARCE, ARE : le guide des aides à la création d'entreprise pour les demandeurs d'emploi (2026)

Demandeur d'emploi qui crée son entreprise : comment fonctionnent l'ACRE, l'ARCE et le maintien de l'ARE ? Calculs, conditions et démarches expliqués.

Publié par MaSubventionPro : plateforme d'intelligence artificielle qui analyse plus de 10 000 dispositifs d'aides publiques (État, Régions, Communes, Europe) pour identifier les subventions, prêts, garanties et exonérations fiscales éligibles à votre entreprise. le 27 février 2026

Créer une entreprise lorsqu'on est demandeur d'emploi soulève une question pratique immédiate : faut-il continuer à percevoir ses allocations mensuellement, ou les convertir en capital de départ ? France Travail (anciennement Pôle Emploi, rebaptisé depuis le 1er janvier 2024) propose trois dispositifs complémentaires pour accompagner ce choix : l'ACRE, l'ARCE et le maintien de l'ARE. Chacun répond à un besoin différent, et leur articulation conditionne directement la solidité financière des premiers mois d'activité.

Ce guide présente le fonctionnement précis de chaque dispositif, les règles de calcul applicables, les conditions d'éligibilité et la démarche pour les activer — avec les corrections nécessaires sur un point souvent mal documenté : le taux de l'ARCE, qui est de 60 % depuis novembre 2019 et non 45 % comme on le lit encore fréquemment.

⚠️ Note de vigilance : les règles d'indemnisation chômage peuvent évoluer par décret. Les modalités ci-dessous correspondent aux règles en vigueur à début 2026. Vérifiez les conditions actualisées sur francetravail.fr ou auprès de votre conseiller référent.


À retenir

  • L'ARCE et le maintien de l'ARE sont deux options mutuellement exclusives : il faut choisir l'une ou l'autre.
  • L'ARCE représente 60 % des droits ARE restants versés en capital, en deux fois (taux applicable depuis le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019).
  • L'ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales gérée par l'URSSAF — pas par France Travail. Elle est une condition préalable à l'obtention de l'ARCE.
  • Le maintien de l'ARE en cas de micro-entreprise se calcule sur le chiffre d'affaires brut, après abattement forfaitaire selon la catégorie d'activité.
  • Pour une société (SASU, EURL), seule la rémunération versée au dirigeant est prise en compte — pas le chiffre d'affaires.
  • Les aides France Travail sont cumulables avec d'autres dispositifs publics (prêts d'honneur, aides régionales, aides locales).

Table des matières

  1. Les trois dispositifs en un coup d'œil
  2. L'ACRE : exonération de cotisations sociales la première année
  3. Le maintien de l'ARE : continuer à percevoir ses allocations
  4. L'ARCE : convertir ses droits en capital
  5. ARCE ou maintien ARE : comment choisir ?
  6. Cas particulier des sociétés (SASU, EURL)
  7. Les démarches concrètes pour activer ces aides
  8. Au-delà de France Travail : les autres aides disponibles
  9. FAQ

1. Les trois dispositifs en un coup d'œil

DispositifNatureGéré parCondition préalable
ACREExonération partielle de cotisations sociales, 12 moisURSSAFCréation ou reprise d'entreprise
ARE maintenuVersement mensuel d'une allocation réduiteFrance TravailDroits ARE ouverts + déclaration CA/rémunération
ARCEVersement en capital de 60 % des droits restantsFrance TravailDroits ARE ouverts + ACRE accordée

Ces trois dispositifs ne sont pas des alternatives strictes : l'ACRE se cumule avec l'ARE maintenu ou avec l'ARCE. En revanche, ARE maintenu et ARCE s'excluent mutuellement — il faut choisir l'un des deux.


2. L'ACRE : exonération de cotisations sociales la première année

Principe

L'Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise (ACRE) permet une exonération partielle des cotisations sociales durant les 12 premiers mois d'activité. Elle s'applique aux cotisations d'assurance maladie, maternité, vieillesse de base, invalidité-décès et allocations familiales.

Pour les micro-entrepreneurs, l'exonération est totale la première année si le chiffre d'affaires ne dépasse pas un certain seuil, puis dégressive. Les taux de cotisations applicables sous ACRE sont inférieurs aux taux de droit commun (voir article dédié aux plafonds micro-entreprise pour les taux actualisés).

Qui peut en bénéficier ?

L'ACRE est ouverte à tout créateur ou repreneur d'entreprise, qu'il soit ou non demandeur d'emploi. Elle n'est donc pas réservée aux allocataires de l'ARE. Les principaux bénéficiaires visés sont : demandeurs d'emploi indemnisés ou susceptibles de l'être, bénéficiaires du RSA, jeunes de 18 à 25 ans révolus, personnes résidant en QPV (Quartier Prioritaire de la politique de la Ville), entre autres.

Condition de non-renouvellement : l'ACRE ne peut pas être obtenue deux fois dans un délai de 3 ans.

Démarche

La demande d'ACRE s'effectue auprès de l'URSSAF — et non de France Travail — lors de la déclaration de création sur le guichet unique de l'INPI, ou dans les 45 jours suivant cette déclaration. L'URSSAF notifie l'accord ou le refus par courrier. Conservez cette notification : elle est indispensable pour demander l'ARCE.


3. Le maintien de l'ARE : continuer à percevoir ses allocations

Principe général

Le maintien de l'Aide au Retour à l'Emploi (ARE) permet de continuer à percevoir ses allocations chômage tout en développant son activité. Le montant versé est réduit en fonction des revenus générés, mais les droits non consommés sont reportés — ils ne sont pas perdus.

Chaque mois, le demandeur d'emploi déclare ses revenus lors de son actualisation mensuelle sur francetravail.fr. France Travail calcule alors le complément d'allocation.

Calcul pour une micro-entreprise

Pour les micro-entrepreneurs, la base déclarée est le chiffre d'affaires brut encaissé (et non un bénéfice ou un salaire). France Travail applique un abattement forfaitaire représentatif des charges selon la catégorie d'activité :

Catégorie d'activitéAbattement appliqué sur le CA
Achat-revente, fourniture de logement (BIC)71 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)50 %
Professions libérales (BNC)34 %

Le revenu estimé obtenu après abattement est ensuite pris en compte à hauteur de 70 % dans le calcul de la déduction sur l'allocation mensuelle.

Exemple numérique — Consultant (BNC), ARE journalière de 50 € (base mensuelle : 1 500 € pour 30 jours)

CA déclaré ce mois : 1 000 € Revenu estimé après abattement BNC (34 %) : 1 000 € × (1 - 0,34) = 660 € Déduction appliquée à l'ARE : 660 € × 70 % = 462 € ARE versée ce mois : 1 500 € - 462 € = 1 038 €

Les jours d'allocation non versés ce mois-ci ne sont pas perdus : ils décalent la date de fin de droits d'autant.


4. L'ARCE : convertir ses droits en capital

Taux en vigueur : 60 % depuis novembre 2019

L'Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) permet de recevoir 60 % du montant des droits ARE restants sous forme de capital, en deux versements égaux. Ce taux a été porté de 45 % à 60 % par le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, applicable depuis le 1er novembre 2019. Tout article ou document mentionnant encore 45 % est obsolète.

Modalités de versement :

  • 1er versement : 50 % du montant total de l'ARCE, versé après validation du dossier et immatriculation de l'entreprise (soit 30 % des droits ARE restants)
  • 2e versement : 50 % du montant total de l'ARCE, versé 6 mois après le premier, sous réserve que l'entreprise soit toujours en activité (soit 30 % supplémentaires des droits ARE restants)

Exemple numérique :

Droits ARE restants au moment de la création : 15 000 € Montant total de l'ARCE : 15 000 € × 60 % = 9 000 € 1er versement : 9 000 € / 2 = 4 500 € 2e versement (6 mois plus tard) : 4 500 €

En choisissant l'ARCE, le demandeur d'emploi renonce au versement mensuel de l'ARE. Les 40 % de droits non convertis (soit 6 000 € dans l'exemple) peuvent être récupérés en cas de cessation d'activité, sous forme d'allocations mensuelles résiduelles.

Condition préalable

L'ARCE ne peut être demandée qu'après l'accord de l'ACRE. Sans attestation d'admission à l'ACRE, la demande d'ARCE sera rejetée.


5. ARCE ou maintien ARE : comment choisir ?

Il n'existe pas de réponse universelle. Le choix dépend de la nature du projet, du besoin en trésorerie initiale et de la vitesse de montée en puissance de l'activité.

Le maintien de l'ARE est généralement adapté si :

  • Le projet nécessite peu d'investissement initial (consulting, services intellectuels, freelance)
  • La montée en charge est progressive et le CA des premiers mois sera faible
  • La stabilité mensuelle de revenus est prioritaire sur la disponibilité d'un capital

L'ARCE est généralement adaptée si :

  • Le projet nécessite un investissement initial significatif (stock, équipements, local, recrutement)
  • Le créateur dispose d'une visibilité suffisante sur son activité pour ne pas dépendre des allocations mensuelles
  • Le capital obtenu peut être utilisé comme levier pour un financement bancaire complémentaire (les organismes prêteurs valorisent les fonds propres)

Un point souvent négligé : avec l'ARCE, les droits non versés (les 40 % restants) constituent un filet de sécurité mobilisable en cas d'échec de l'entreprise. Ce point mérite d'être intégré dans le raisonnement.


6. Cas particulier des sociétés (SASU, EURL)

Pour un créateur qui opte pour une forme sociétale (SASU, EURL, etc.), la base de calcul du complément ARE n'est pas le chiffre d'affaires de la société mais uniquement la rémunération nette brute versée au dirigeant. Les bénéfices laissés dans la société ne sont pas pris en compte.

Deux configurations pratiques :

Option A — Absence de rémunération au démarrage Le dirigeant ne se verse pas de salaire pour concentrer la trésorerie dans la société. Il continue de percevoir l'intégralité de l'ARE. Cette situation doit être justifiée auprès de France Travail par un procès-verbal de décision de non-rémunération (document interne à la société, daté et signé). Sans ce justificatif, France Travail peut considérer que le dirigeant dispose d'un revenu présumé.

Option B — Rémunération partielle Le dirigeant se verse un salaire. La déduction sur l'ARE est de 70 % du salaire brut mensuel.

Exemple : ARE mensuelle de 1 200 €, salaire brut versé de 800 € Déduction : 800 € × 70 % = 560 € ARE versée : 1 200 € - 560 € = 640 € Revenu total : 640 € + 800 € = 1 440 €


7. Les démarches concrètes pour activer ces aides

Étape 1 — Informer son conseiller France Travail

Avant toute création, informer son conseiller référent du projet. Ce n'est pas une validation obligatoire pour l'ARCE ou l'ARE, mais un entretien préalable est fortement recommandé : il permet d'identifier les ateliers d'accompagnement disponibles et de vérifier la cohérence du plan de financement. France Travail propose des ateliers spécifiques ("M'imaginer créateur", "Structurer mon projet") dont il est utile de se prévaloir.

Étape 2 — Créer l'entreprise et demander l'ACRE

Déclarer l'activité sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) et cocher la demande d'ACRE dans le formulaire, ou la soumettre à l'URSSAF dans les 45 jours suivants. Attendre la notification d'accord de l'URSSAF.

Étape 3 — Soumettre la demande d'ARCE (si ce choix est retenu)

Réunir les pièces requises :

  • Formulaire de demande d'ARCE (disponible depuis l'espace personnel France Travail ou auprès du conseiller)
  • Justificatif de création d'entreprise : extrait Kbis pour les sociétés, avis de situation au répertoire Sirene pour les micro-entrepreneurs
  • Attestation d'admission à l'ACRE délivrée par l'URSSAF

Délai de traitement : entre 3 et 6 semaines après dépôt du dossier complet. Le 1er versement (50 % de l'ARCE) intervient après validation.

Étape 4 — Actualisation mensuelle (si maintien ARE)

Si le choix est le maintien de l'ARE, déclarer chaque mois le chiffre d'affaires ou la rémunération lors de l'actualisation sur francetravail.fr. Une actualisation à zéro est obligatoire même en l'absence de revenus.


8. Au-delà de France Travail : les autres aides disponibles

Les dispositifs France Travail constituent un socle, mais l'écosystème des aides à la création ne s'y limite pas. Plusieurs catégories de financements complémentaires méritent d'être explorées systématiquement :

Prêts d'honneur (Initiative France, Réseau Entreprendre) : prêts personnels à taux zéro, non remboursables sur fonds propres, allant de quelques milliers à 50 000 € selon le réseau. Ils renforcent les fonds propres et facilitent l'accès au financement bancaire.

Micro-crédit professionnel (Adie) : pour les projets de très petite taille ne pouvant accéder au crédit bancaire classique.

Aides régionales et locales : chaque région et de nombreuses collectivités locales disposent de leurs propres dispositifs pour les créateurs d'entreprise — exonérations, subventions d'équipement, fonds sectoriels.

NACRE (Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d'Entreprise) : dispositif d'accompagnement de trois ans avec un prêt à taux zéro conditionné. Réservé à certains profils prioritaires, sous réserve des enveloppes disponibles par région.

Sur MaSubventionPro, les créateurs d'entreprise issus de la demande d'emploi identifient en moyenne 7 à 12 dispositifs d'aides complémentaires à ceux de France Travail lors de leur premier diagnostic — dont des aides locales ou sectorielles rarement référencées dans les recherches manuelles. Notre IA analyse l'ADN complet du projet (activité réelle, localisation, profil du créateur) et croise ce profil avec plus de 10 000 dispositifs actifs, de la commune jusqu'aux programmes européens. La solution est hébergée en Europe (Francfort), développée avec Mistral AI, conforme RGPD et AI Act.

→ Lancez votre simulation d'éligibilité sur MaSubventionPro → Guide complet des aides à la création d'entreprise → Comprendre votre rapport d'éligibilité aux subventions


FAQ — ACRE, ARCE, ARE et création d'entreprise

Quelle est la différence entre l'ACRE et l'ARCE ?

L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise) est une exonération partielle de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité. Elle est gérée par l'URSSAF et s'applique à tout créateur, qu'il soit ou non demandeur d'emploi. Elle n'est pas un versement d'argent, mais une réduction des charges sociales dues.

L'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) est un versement en capital représentant 60 % des droits ARE restants, réservé aux demandeurs d'emploi indemnisés. Elle est gérée par France Travail et nécessite d'avoir préalablement obtenu l'ACRE. Choisir l'ARCE met fin au versement mensuel de l'ARE.

Le taux de l'ARCE est-il bien de 60 % ?

Oui. Le taux a été porté à 60 % par le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, applicable depuis le 1er novembre 2019. Avant cette date, le taux était de 45 %. Tout document ou site indiquant encore 45 % est obsolète. Le capital est versé en deux fois égales : 50 % du montant total à la création, puis 50 % six mois plus tard (sous réserve que l'activité soit maintenue).

Peut-on bénéficier de ces aides après une démission ?

Une démission classique ne donne pas droit aux allocations chômage, et donc pas à l'ARCE ni au maintien de l'ARE. Une exception existe : la démission pour reconversion professionnelle (ou "démission légitime"). Dans ce cas, le projet de création ou de reprise doit être reconnu comme "réel et sérieux" par un conseiller en évolution professionnelle (CEP) avant la démission. Cette validation préalable est une condition stricte : elle ne peut pas être obtenue a posteriori. Il convient donc de prendre contact avec un CEP bien en amont de toute démission.

Comment sont calculées les allocations ARE si je crée une micro-entreprise ?

France Travail ne prend pas en compte un bénéfice mais le chiffre d'affaires brut déclaré, après application d'un abattement forfaitaire : 71 % pour les activités d'achat-revente, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les professions libérales BNC. Le revenu estimé obtenu est déduit des allocations à hauteur de 70 %. Les jours d'allocation non versés ce mois sont reportés et décalent la fin des droits.

Que se passe-t-il si j'ai choisi l'ARCE et que mon entreprise cesse son activité ?

Les droits ARE non convertis en ARCE (soit 40 % des droits initiaux restants au moment de la création) peuvent être récupérés sous forme d'allocations mensuelles. Pour cela, il faut se réinscrire comme demandeur d'emploi auprès de France Travail et en faire la demande. Cette possibilité constitue un filet de sécurité à intégrer dans la réflexion sur le choix ARCE vs maintien ARE.

Est-il obligatoire de présenter un business plan pour obtenir l'ARCE ou le maintien de l'ARE ?

Non, ce n'est pas une condition légale formelle. Cependant, un conseiller France Travail peut demander des éléments justifiant la viabilité du projet, notamment pour orienter vers les dispositifs d'accompagnement. Par ailleurs, un business plan structuré est systématiquement requis pour accéder aux prêts d'honneur (Initiative France, Réseau Entreprendre) et aux financements bancaires. Le préparer en amont de toute démarche est donc fortement recommandé, même s'il n'est pas juridiquement exigé pour l'ARCE.

L'ACRE est-elle accordée automatiquement ou faut-il la demander ?

Elle doit être demandée explicitement. Pour les micro-entrepreneurs, la demande est intégrée dans le formulaire de création sur le guichet unique de l'INPI (case à cocher). Elle peut également être adressée à l'URSSAF dans les 45 jours suivant la déclaration d'activité. Pour les autres formes juridiques, la demande s'effectue directement auprès de l'URSSAF dans les 45 jours suivant la création. L'URSSAF notifie l'accord ou le refus. En cas de refus, un recours est possible.